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Récupération d'articles d'archives

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title: Présentation d'Odin
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Cela fait quelques jours que je n'ai plus écris d'article sur ingnu.
Peut-être même attendiez-vous fébrilement devant votre flux RSS une manifestation quelconque d'activité sur ingnu.
En tout cas, ça me plait bien d'y croire :) Bref.
J'ai consacré ces derniers jours au développement d'ODDNS, nom de code Odin.
C'est un projet dont j'ai [vaguement lancé l'idée](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://ingnu.fr/2012/01/11/comment-licann-va-tuer-internet-et-comment-len-empecher/) il y a quelques temps mais Grovi, habitué du [serveur IRC de ingnu](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://ingnu.fr/contact/), m'a pourtant fait part d'une certaine attente, abordée notamment sur la radio [Ici et Maintenant](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://icietmaintenant.com/) (si vous me lisez et que vous possédez un enregistrement de l'émission dans laquelle on a parlé d'ingnu ou de ODDNS, n'hésitez pas à me l'envoyer !).
Une alternative Libre, totalement décentralisée et neutre au système DNS actuel, dans ces temps de censure et de blocage par DNS, représente à mon sens une réponse vitale et urgente.
C'est pourquoi je vous ai lâchement abandonné ces derniers jours.
Je reviens aujourd'hui avec la création d'une nouvelle catégorie du blog, [ODDNS](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://ingnu.fr/category/oddns-2/), dans laquelle je vais régulièrement publier des informations relatives au projet, cet article en étant le premier représentant.
## Présentation
ODDNS se présente comme une sorte de surcouche à DNS.
Quand vous voulez vous connecter à ingnu.fr, votre navigateur demande d'abord à un serveur DNS quelle est l'adresse IP associée à ce domaine, un peu comme si vous cherchiez un nom dans votre répertoire avant de l'appeler : votre téléphone affiche le nom de votre correspondant, mais n'appelle pas son nom : le téléphone compose son numéro.
DNS, c'est le même principe.
Or, les gouvernements (voire des entreprises privées qui en font la demande) ont la possibilité d'empêcher les internautes d'accéder à certains noms de domaine, de manière plus ou moins arbitraire.
Les sites hébergés sur ces noms de domaines ne sont plus accessibles via le nom de domaine.
Ils restent toutefois accessibles via leur adresse IP.
ingnu.fr n'est pas le seul domaine que j'héberge.
Pour répondre à plusieurs domaines différents en utilisant un seul serveur HTTP(S), je fais appel aux hôtes virtuels : le serveur envoi au client les pages qui correspondent au domaine qu'il a demandé.
Par conséquent, si mon domaine est inaccessible et que le client cherche à contacter mon serveur web directement via son adresse IP, il ne tombera pas sur le site voulu, puisque mon serveur web ne saura pas quelle page lui envoyer.
Enfin, autre problème posé par le système DNS actuel, s'assurer l'utilisation pour soi de son propre nom de domaine implique de mettre la main au portefeuille.
Nous ne sommes que locataires de nos noms de domaines.
Voilà les problématiques auxquelles répond ODDNS.
Puisque les internautes se partagent les informations relatives à un domaine, il n'est pas possible de le bloquer.
La censure au niveau DNS est donc rendue parfaitement inutile.
D'autre part, le chiffrement des informations transitant entre un client et un serveur assure la confidentialité des requêtes.
Enfin, on redevient propriétaire de ses noms de domaine : les registrars deviennent inutiles, tout comme l'ICANN.
Internet retrouvera un peu de sa neutralité.
## Mes choix de développement
Il y avait beaucoup de façons différentes de créer ODDNS.
J'aurai pu m'appuyer sur torrent, XMPP, ou écrire un module pour chaque serveur DNS existant.
J'ai fais un choix qui peut paraître surprenant, voire laisser penser à un manque de sérieux, ou je ne sais quelle autre mauvaise intention qu'on me prêterait.
J'ai décidé de développer ODDNS en PHP, et ce pour un certain nombre de raisons.
Pour commencer, PHP est disponible pour toutes les plateformes.
L'application sera parfaitement portable.
Ensuite, les bibliothèques disponibles pour PHP (notamment [PEAR](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://pear.php.net/) que j'utilise autant que faire se peut) correspondent bien à l'usage de ODDNS.
Je n'ai encore trouvé aucune fonctionnalité à ODDNS qui requiert une bibliothèque qui n'existe pas déjà.
Une autre raison majeure de l'utilisation de PHP est la future présence dans le paquet logiciel d'une interface web codée en PHP, qui exploitera massivement les bibliothèques ODDNS que j'ai conçu.
Cette interface web permettra de gérer tous les aspects de l'installation d'ODDNS : démarrage, arrêt et redémarrage du serveur, mise à jour client et serveur, statistiques, infrastructure de clés publiques, absolument tout.
Cette interface web viendra compléter les scripts exécutables en console.
Ensuite, là où certains auraient opté pour TLS/SSL, j'ai décidé d'implémenter le chiffrement via [GNUPG](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://gnupg.org/).
Pour commencer, parce que c'est 100% Libre.
Ensuite, par ce que je peux chiffrer des chaînes de n'importe quelle taille (si un message entre un client et un serveur dépasse la taille d'un certificat TLS, le message doit être scindé, ce qui complique inutilement le développement).
D'autre part, GNUPG me permet de chiffrer et signer les messages, ce qui me permet d'implémenter une notion d'hôtes de confiance.
Je sais que TLS le permet aussi, mais puisque GNUPG l'intègre, autant s'en servir.
## État des lieux
J'ai développé un certain nombre de classes.
Certaines d'entre elles sont préfixées "ODDNS".
Les autres sont conçues pour être réutilisables à volonté.
C'est notamment le cas des classes serveur, client et client d'un serveur (ce n'est pas tout à fait la même notion, le client d'un serveur est le client du point de vue du serveur, alors que le client est celui qui se connecte au serveur).
Certaines classes ODDNS héritent de ces classes génériques pour implémenter notamment le chiffrement.
Cela signifie également qu'il est tout à fait possible d'écrire rapidement des bibliothèques pour supporter d'autres types de chiffrement (notamment TLS).
Le stockage des données peut aussi faire l'objet de code spécifique (par exemple, pour stocker certains objets dans une base de données ou un serveur LDAP).
Tout le code est conçu pour gérer le paradigme évènementiel, ce qui simplifie et donc clarifie le code.
Le protocole en lui-même (utilisé donc pour la communication entre client et serveur) est totalement arbitraire, et ne dépend pas de fonctions PHP.
Il est donc possible de lire le protocole, et d'en créer un serveur et un client dans n'importe quel langage de programmation.
Là encore, c'est peut être un choix qui semblera étrange à certains, mais qui rejoint l'idée d'ouverture d'ODDNS.
Créer un protocole propre à ODDNS permet plus de fantaisie que si je m'étais basé sur un protocole existant.
Cela permettra notamment de l'étendre facilement (une simple classe séparée du reste du code gère tous les messages du protocole), et pourquoi pas, remplacer le protocole DNS actuel en faisant répondre le serveur ODDNS aux requêtes DNS classiques.
En ce qui concerne la configuration, elle est scindée en trois partie.
La partie globale, la partie cliente qui définit les serveurs à contacter pour récupérer les informations d'un domaine particulier, et la partie serveur qui détient ces informations.
Un serveur ODDNS est donc un serveur qui transmet au client ODDNS les informations relatives à un nom de domaine, que le client ODDNS transformera pour être exploitables par le serveur DNS installé sur la même machine que lui.
Par conséquent, le serveur DNS répondra aux requêtes concernant le domaine en question pour toutes les machines qui seront sur le même réseau.
Par exemple, vous avez un réseau local, dont les machines sont configurée pour utiliser le serveur DNS à l'adresse 192.168.0.1.
Si vous effectuez une requête DNS auprès de ce serveur, il vous renverra les informations demandées après avoir transmis la requête à un autre serveur DNS plus approprié.
Si "par dessus" votre serveur DNS vous installez un client ODDNS, configuré pour récupérer les informations d'un domaine particulier, votre serveur DNS ne contactera plus d'autres serveurs.
C'est votre propre serveur DNS qui répondra directement à vos requêtes relatives à ce domaine en particulier.
Enfin, j'ai conçu les scripts d'administration qui permettent la gestion du serveur, et la mise à jour du client.
J'ai également créé un salon #oddns sur mon serveur IRC (irc.ingnu.fr).
## Fonctionnement
Il n'est pas nécessaire de faire tourner le serveur ODDNS, mais c'est vivement recommandé, puisque cela permettra de partager vos informations relatives aux noms de domaine que vous visitez régulièrement avec le reste de la communauté.
Le client va lire un fichier de configuration dans lequel il trouvera un protocole, une cible et une ou plusieurs adresses IP.
Le protocole permet au client de savoir s'il doit chiffrer ses communications, la cible peut être directement un nom de domaine, un canal ou une cible générique (tous les domaines du serveur à contacter), et si plusieurs adresses sont spécifiées, elles seront successivement contactée si la cible précédente n'a pas pu répondre à la requête du client.
Lorsqu'il a récupéré les données relatives à un serveur, il les stocke, conjointement à une somme md5 pour savoir si les données qu'il gère sont à jour.
Enfin, il créé ou modifie les fichiers de configuration du serveur DNS pour qu'il réponde directement aux requêtes formulées pour les domaines récupérés.
Le serveur lit également un fichier de configuration, à peu de chose près semblable à la configuration DNS classique, mais simplifié.
Cela va lui permettre de constituer le même fichier que lorsque le client demande les informations d'un domaine.
Logique, puisque c'est ce fichier qui sera transféré au client.
Lorsqu'un client demande des informations relatives à un domaine spécifique à un serveur, celui-ci peut lui renvoyer directement les informations demandées, mais il peut également lui renvoyer le serveur "maître" du domaine.
Par exemple, vous pouvez demander à un annuaire les informations relatives à ingnu, et celui-ci renverra à votre client ODDNS l'adresse IP de mon propre serveur plutôt que les informations elles-mêmes.
Votre client contactera alors mon serveur pour obtenir les informations demandées.
> [Mise à jour du 09 mars 2012]
>
> On m'a rapporté qu'un schéma serait le bienvenu, en voici deux (tout moches, je suis pas doué pour ça).
> Le premier représente le système de résolution DNS actuel : le serveur DNS du FAI est un maillon faible parce que c'est là que se fait la censure au niveau DNS.
> Le second représente le système de communication de ODDNS.
>
> [/Mise à jour]
## Ce qu'il reste à faire
Migrer le [wiki](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://oddns.ingnu.fr/) actuel.
Il est bombardé de SPAM et je commence à saturer.
Je voudrai opter pour quelque chose de plus approprié, c'est pourquoi je ne me suis pas "amusé" à installer des extensions pour aider à combattre les messages non sollicités.
Une fois que ce sera fait, je créerai un dépôt git pour ouvrir le code aux contributions.
Les deux pourraient être faits en même temps si je créais un dépôt sur mon [redmine](https://web.archive.org/web/20120318075022/http://redmine.ingnu.fr/), mais j'aimerais avoir l'avis de mes visiteurs avant de faire quoique ce soit.
Il restera alors à écrire les wrappers pour les différents serveurs DNS existants, notamment ceux qui ne sont pas bind (dont je m'occuperai dans les prochains jours).
Ensuite, la première version stable d'ODDNS pourra être publiée une fois l'interface web écrite.
Je suis également à la recherche d'un logo pour le projet.
Je suis une bille en création graphique, alors si une âme charitable voulait bien me faire un petit logo, j'en serai ravi !
Enfin, pour aider le projet, vous aurez la possibilité de faire un don : d'argent, de matériel informatique, d'hébergement.
Je ne sais pas encore trop comment m'y prendre pour vous le proposer compte tenu du fait que PayPal est tout simplement hors de question.
Mais si vous estimez que le projet mérite d'être soutenu, faites-moi vos propositions !
Vous avez également la possibilité d'aider le projet tout simplement en en parlant autour de vous.
Ça c'est gratuit, alors ne vous en privez pas !

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description: "Couverture originale créée localement pour accompagner la republication de l'article Les revers de Google."
attribution: "Codex"
prompt: "Illustration abstraite éditoriale sur Internet et son architecture, avec globe stylisé, arcs de connexion et ambiance rétro-web 2012, sans texte, sans logo."

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Depuis que l'entreprise existe, elle a connu un certain nombre d'échecs, notamment dans le domaine des réseaux sociaux. Answers, Wave, Dodgeball, Jaiku, Buzz, autant de réseaux sociaux fortement inspirés de facebook ou twitter, autant d'échecs qui auront conduit Google sur le chemin de Google+, où l'entreprise est, là encore, en train de se prendre une méchante volée.
Initialement peuplé de geeks en mal de réseaux sociaux alternatifs (dont j'ai moi-même fais partie finalement), ne connaissant pas nécessairement status.net and co, Google+ se fait déserter. De plus en plus de monde abandonne le réseau social de Google: les brèves répétées à une fréquence quasi hebdomadaire sur le sujet en sont le témoin.
Apple aussi s'y met: l'annonce récente de leur abandon de Maps pour OpenStreetMap jette un autre pavé dans la mare, quoiqu'on pense d'Apple.
Alors faut il y voir une relation avec le changement récent de leur politique de confidentialité? Et où partent ceux qui délaissent Google?
Google pourrait avoir atteint une sorte de masse critique. On pourrait presque parler de loi: lorsqu'une entreprise atteint une certaine envergure, elle finit par s'effondrer sur elle-même. Bien sûr, Google est encore loin, très loin du dépôt de bilan, mais les fuites d'utilisateurs, de clients, ne sont jamais bonnes, et sont toujours révélatrices d'un dysfonctionnement de l'entreprise.
Entre les pertes colossales engendrées par l'utilisation d'outils de blocage de publicité (ou [le blocage DNS à la sauce ingnu!](https://web.archive.org/web/20120319195908/http://ingnu.fr/2011/12/25/comment-bloquer-un-site-internet/)), la recherche massive d'alternatives au moteur de recherche, le blocage des publicités sur certains sites et les cuisants revers, Google ne se porte bien que parce que c'est un géant. Et je suis persuadé que l'arrivée prochaine de LibreOffice OnLine ne va pas jouer en sa faveur, ni les ayants-droits qui, après avoir coulé MegaUpload, UpToBox, HotFile et compagnie, vont sans aucun doute possible s'attaquer à YouTube.
Autre échec de Google: Chrome. Enfin, pas vraiment un échec en soi puisqu'il s'est hissé à la seconde place sur le marché des navigateurs. Mais compte tenu de la situation actuelle, même si on dispose de sommes pharaoniques en réserve, on évite de se croire le plus fort, et on évite de mettre un million de dollars sur la table pour pirater une de ses applications. Cinq minutes, c'est le temps qu'il aura fallut pour qu'une partie de ce million de dollars vole en fumée. On notera d'ailleurs que, comme d'habitude, Opera n'est même pas cité dans ce genre de compétitions, alors qu'il s'agit d'un navigateur incontournable.
Quant à Android, on ne peut pas non plus réellement parler d'échec évidemment. Mais une chose m'intrigue tout de même. Android est diffusé sous double licence Apache/GNU GPL, donc Libre. Si c'est un Logiciel Libre, la communauté devrait contribuer à l'amélioration du logiciel en question. Or, j'ai quand même la sensation que les passionnés cherchent plus à créer des alternatives qu'à améliorer Android. J'ai même toujours soupçonné Google de publier du Logiciel Libre mais ne jamais prendre en compte les contributions de personnes externes à Google. C'est un comportement étrange pour la communauté du Libre. Il y a bien [CyanogenMod](https://web.archive.org/web/20120319195908/http://www.cyanogenmod.com/), mais cela me semble être davantage du "packaging "de ce qu'on peut trouver de meilleur sur la plateforme, que de la modification de code source profonde, celle qui vise à améliorer la compatibilité avec les terminaux ou les performances du système.
Finalement, je me demande si la prise de conscience que je n'attendais plus arrive enfin. Cela fait longtemps que je blâme Google pour son attitude, et qu'on me regarde bizarrement à chaque fois que j'en parle. Mais aujourd'hui, il semblerait que les yeux se soient ouverts. Mieux encore, ceux qui étaient réfractaires aux Logiciels Libres (faisant le double amalgame libre = gratuit, gratuit = pas abouti) commencent à s'y mettre, découvrent un nouveau monde, une nouvelle façon de voir l'informatique et Internet, en grande partie grâce à des projets comme LibreOffice, les distributions GNU/Linux comme Ubuntu (que je n'aime pas mais dont je ne renie pas l'influence positive sur les non-initiés), les navigateurs comme firefox (idem), ou les plateformes de publication Libres. Peut-être qu'enfin, le virage vers le Libre qu'on attend depuis des années est en train d'être pris. Peut-être que 2012 va être la fin du monde... capitaliste, propriétaire et privateur. On peut rêver, mais les mentalités changent enfin.

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comments_url: https://com.richard-dern.fr/post/532
date: '2012-03-10 16:20:00'
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- Ingnu
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title: '[Brêve] ODDNS et ingnu à la radio'
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Grovi/Chabada_ a parlé de ingnu et du projet ODDNS [il y a quinze jours](https://web.archive.org/web/20120319114807/http://ingnu.fr/2012/03/07/presentation-dodin/) à la radio [Ici et Maintenant](https://web.archive.org/web/20120319114807/http://icietmaintenant.com/), et depuis on a tous fait notre bonhomme de chemin, particulièrement ODDNS.
Je me suis donc rendu sur le [tchat](https://web.archive.org/web/20120319114807/http://chat.rim952.fr/) de l'émission Hotline, où on m'a invité à présenter ODDNS plus en détails.
À ce titre, j'ai eu la permission de vous proposer de télécharger mon intervention.
Voici le fichier audio : [oddns-sur-riem](https://web.archive.org/web/20120319114807/http://ingnu.fr/2012/03/10/breve-oddns-et-ingnu-a-la-radio/oddns-sur-riem/).
Il est en ogg et pèse 18Mo.
Je remercie donc chaleureusement Ici et Maintenant pour m'avoir permis de toucher un public plus large qu'à travers ingnu ou [social.ingnu](https://web.archive.org/web/20120319114807/https://social.ingnu.fr/).
Je n'ai pu parler qu'à OliCat/Olivier, mais l'expérience était très sympa (c'est ma première radio !), donc merci aussi à lui.
Il est question de faire un point dans quinze jours, donc on se retrouvera pour, peut-être, annoncer la sortie du projet.

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description: "Couverture originale créée localement pour accompagner la republication de l'article L'avenir d'Internet."
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date: '2012-03-11 17:25:00'
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J'ai esquissé il y a quelques temps l'avenir d'Internet à travers un article que j'ai intitulé "[Les 6 fléaux d'Internet](https://web.archive.org/web/20120319191615/http://ingnu.fr/2012/02/25/les-6-fleaux-dinternet/)". Je souhaiterai revenir sur la question, afin de vous proposer ma vision du futur du Réseau des réseaux.
Dans un avenir proche, que j'estime être dans les cinq à dix ans, Internet deviendra un vaste réseau de consommation, et ne servira plus qu'à ça. On "consommera "de "l'Internet "comme aujourd'hui on consomme de la vidéo à la demande. La différence avec ce qu'il existe aujourd'hui est subtile, puisque la façon dont on y accédera ne changera pas: il y aura toujours les fournisseurs d'accès à Internet, les DNS, IPv6, etc. Ce qui changera, c'est le contenu.
Et le contenu changera parce que dans le même temps, un Internet parallèle verra le jour. Les geeks et nerds de la planète vont parvenir à ouvrir les yeux aux publics. Et les publics vont progressivement migrer leurs habitudes vers le nouvel Internet. Cette migration sera plus longue que pour les geeks et nerds, et devrait prendre entre dix et vingt ans à s'accomplir totalement, de sorte qu'Internet, celui d'aujourd'hui, ne devienne plus que la plus vaste plateforme de contenu multimédia payant au monde, sous l'égide de l'industrie audio-visuelle mondiale, représentée par un unique organisme qui sera créé pour l'occasion.
Le nouvel Internet, quant à lui, sera un nouveau monde, où tout ou presque devra être créé: infrastructures, protocoles, contenus. On ne pourra pas reprendre l'existant, parce que la compatibilité avec l'existant signifiera qu'une porte sera laissée ouverte aux entreprises qui feront du nouvel Internet ce qu'elles ont fait à l'ancien. Ce qui laissera le choix aux gens de payer pour le contenu imposé par l'industrie, ou donner volontairement pour des contenus gratuits et de qualité.
Tout sera donc à refaire, et cela (ré)ouvrira la porte du succès aux plus méritants. Succès qui ne sera plus donné en chiffre d'affaire ou masse salariale, mais en dons et en reconnaissance. Le nouvel Internet sera une mine de connaissances et de compétences, partagées librement, dans tous les domaines de la civilisation humaine.
Le nouvel Internet marquera l'apogée de Richard Stallman, ses pairs et ses successeurs. Tout le réseau sera sous une licence GNU. GNU ne sera plus seulement un système d'exploitation, GNU englobera les protocoles et services fournis par le nouveau Réseau. Il sera donc Libre: chacun participera à sa construction, en faisant passer un câble réseau chez le voisin, qui lui-même sera connecté à ses voisins les plus proches. Chaque machine pourra facilement être connecté au nouveau réseau, grâce à la liberté de diffusion des connaissances.
Et puisque les connaissances et compétences circuleront librement sur le nouveau réseau, la race humaine accèdera plus rapidement et plus efficacement à de nouvelles technologies dont tout le monde pourra profiter, et auxquelles tout le monde pourra contribuer. Que vous ayez des connaissances en mathématiques, en électronique, en physique, le nouvel Internet vous permettra de vous exprimer, de partager vos connaissances, et de contribuer à l'avancée du monde. Tandis que l'ancien Internet tombera en décrépitude, dans trente à cinquante ans, pour terminer encore quelques dizaines d'années plus tard dans les manuels d'histoire ou les musées virtuels où seront exposés les reliques des FAI et les serveurs des anciennes grandes entreprises comme Google, Amazon, Apple ou Microsoft.
Le nouvel Internet sera une source de profits, mais des profits purement intellectuels. Ses acteurs rechercheront uniquement la contribution, pas la rémunération. Ils ne seront motivés que par l'objectif d'améliorer le monde, pas d'améliorer leur vie. Ils n'auront qu'un but: l'enrichissement intellectuel, pas l'enrichissement personnel.
Cette philosophie découlera naturellement de l'utilisation massive quotidienne des nouvelles technologies de communications créées pour le nouvel Internet. Mais dans un premier temps, nos esprits, ceux des geeks et nerds d'aujourd'hui, seront occupés à autre chose: bâtir les nouveaux protocoles et les nouvelles infrastructures dont le nouvel Internet va avoir besoin, pour que les 6 fléaux d'Internet ne soient plus qu'un mauvais souvenir, et que le nouvel Internet soit créé sur des bases saines.
C'est à nous, aujourd'hui et pas demain, de créer les fondements de ce qui deviendra la plus grande réussite de l'Humanité: le nouvel Internet.

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date: '2012-03-19 15:16:00'
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- Auteur
- Droit
title: A propos du droit d'auteur
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Simple rappel : une infraction au droit d'auteur peut occasionner 300 000 euros d'amende pour les personnes physiques et 1 500 000 euros pour les personnes morales, et trois ans de prison.
Un homicide involontaire "coûte" 45 000 euros et la même peine de prison.
Les génies à grosse tête qui ont pondu ces chiffres estiment donc **sans aucune ambiguïté** que **tuer un Homme est moins grave que de partager la culture**.
Ainsi, si ces personnes sont tellement enclines à protéger la culture plutôt que l'humain, pourquoi la verrouiller et la labelliser ?
Pourquoi ne pas faire comme l'Homme a toujours fait, et ce qu'il lui a permis de devenir une "civilisation supérieure", à savoir la partager, la diffuser au plus grand nombre ?
Ben non, messieurs Vivendi, SACEM et compagnie en France ne veulent pas : ça ne remplit pas leurs poches.
Bref, là, je n'apprends rien à personne.
Moralité : tuez un SDF, ça vous coûtera moins cher que de partager la culture.
En revanche, comment ose-t-on parler de "droits" lorsque cela concerne des gens qui ne sont pas directement concernés par l'objet culturel ?
Par exemple, comment peut-on dire qu'il existe encore des droits sur ce qu'ont fait Michael Jackson ou Elvis Presley ?
Qui a des droits et pourquoi ?
Pourquoi leurs enfants ont des droits sur ce qu'ont fait leurs parents ?
C'est parfaitement insensé.
En ce qui me concerne, si j'avais un père producteur de films et une mère chanteuse, quel droit aurais-je de réclamer quoique ce soit sur leurs productions une fois décédés ?
Je n'ai aucun droit : je n'ai en rien contribué à leur réussite ni même à la création de leur oeuvre.
Ils en sont les "propriétaires" et en aucun cas je ne peux me prévaloir de ce titre, même si je suis de leur sang.
Alors, si de leur vivant, les artistes souhaitent verrouiller leurs oeuvres, soit, ils ont le droit de choisir de les publier ou non sous licence libre.
Ils toucheront des "droits d'auteur", comme prévu par la loi.
Mais une fois qu'ils sont morts, leurs oeuvres doivent être rendues au domaine public.
Il n'y a aucune raison pour que leurs successeurs aient un quelconque droit sur ces oeuvres.
A qui revient l'argent gagné aujourd'hui par la vente de disques de Michael Jackson, Amy Whinehouse ou Whitney Houston ?
Question rhétorique, vous connaissez la réponse : entre autres, aux majors et aux successeurs.
Autrement dit, les majors et les successeurs se frottent les mains lors du décès d'un artiste parce que généralement c'est à ce moment là que les plus fortes ventes ont lieu.
La mort d'un artiste est un évènement à ne surtout pas manquer : il faut absolument sortir un album évènement, exclusif, même si l'artiste a déjà publié 17 best-of, pas grave, on en sort encore un.
Et les gens se l'arrachent.
Alors pourquoi ne pas le faire, après tout.
On s'en fout de l'éthique, du moment qu'il y a un paquet de blé à se faire.
En cela, je compare l'industrie de la culture aux pompes funèbres.
J'appelle ça le Commerce de la Mort.
D'autant que toute la carrière des artistes va dans ce sens.
Quel artiste, appuyé par l'industrie du disque, n'a jamais touché à la drogue, ou à l'alcool ?
Quel artiste ne s'est pas tué en moto ou dans un hélicoptère, ou dans un avion ?
Mort d'un cancer, d'overdose, de suicide ?
C'est à se demander si l'industrie de la culture ne pousse pas ces gens dans leurs derniers retranchements, jusqu'à l'extrême limite, et si les malheurs qui leur arrivent ne sont pas du fait même de cette industrie.
Surtout que l'industrie les choisi, comme nos chaînes françaises choisissent les candidats pour les émissions de télé-réalité.
Ils sont choisis pour leurs prédispositions, leur instabilité psychologique, leur propension à sombrer dans l'alcool ou la drogue.
Voyez les artistes Libres, vous verrez qu'ils sont plus sains.
Ils n'ont pas été choisis, ils se sont fait tout seuls.
Je parle de la culture sous sa forme la plus abordable peut-être, puisque je parle de la musique.
Mais ma réflexion est valable pour toute la culture : films, jeux vidéos, informatique, etc.
N'achetez plus de musique non Libre.
Ne lisez plus de livres non Libres.
Ne regardez plus de films non Libres.
Ne jouez plus à des jeux non Libres.
N'utilisez plus de logiciels non Libres.
Vous entretenez le Commerce de la Mort.
Sauvez vos artistes préférés : incitez-les à publier sous licence Libre !

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comments_url: https://com.richard-dern.fr/post/535
date: '2012-03-20 04:05:00'
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title: On ne sait plus se servir de l'informatique !
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La plupart des inventions de l'informatique moderne sont un aveu de notre oisiveté, notre manque de considération pour la plus grande invention de l'Homme, et notre formidable capacité à détruire ce que nous avons mis des années à bâtir.
C'est assez inquiétant de voir à quel point nous sommes capables de faire tout et n'importe quoi.
Je ne sais même pas par quoi commencer.
Si, commençons par ces pseudo-geeks, destructeurs des mondes.
Ces codeurs fous, aliénés par l'argent, qui produisent des armes à destination des dictateurs du monde.
Voilà un premier exemple concret et d'actualité qui plus est.
Ces gens là constituent l'infanterie moderne, au service du Diable, d'El Chupacabra, du démon, de la Bête, nommez-le comme vous voulez.
Ils n'en ont pas toujours conscience, aveuglés par le gain financier.
Lobotomisés par l'argent, influencés par une entreprise qui leur fait les yeux doux en brandissant le carnet de chèque, ce sont pourtant des développeurs talentueux s'ils parviennent à développer des solutions capable d'écouter tout un pays.
Pourquoi mettre ces capacités intellectuelles au profit d'une dictature, qu'elle soit politique ou financière ?
Pourquoi ne pas préférer la mettre à contribution pour l'amélioration d'Internet plutôt que d'instrumentaliser sa décadence ?
Avant de vous faire embaucher chez Amesys, réfléchissez à l'éthique.
Si vous y êtes déjà, déposez votre démission et venez grossir les rangs des architectes du [Nouvel Internet](https://web.archive.org/web/20120819212928/http://ingnu.fr/2012/03/11/lavenir-dinternet/).
Mais si vous tenez à y entrer ou y rester, n'oubliez jamais que vous aurez fait le pire choix de votre vie.
Autre exemple de la décadence de l'informatique : le cloud.
[J'en ai déjà parlé](https://web.archive.org/web/20120819212928/http://ingnu.fr/2012/01/19/il-faut-arreter-avec-le-cloud/) plusieurs fois, le cloud détruit l'informatique.
Le cloud est fait pour que vous stockiez toutes vos données au même endroit, sur des serveurs que vous ne maîtrisez pas.
Le cloud, c'est transformer les boîtes, packaging et collector des jeux-vidéos et des films en une série de 0 et de 1.
Vous n'achetez plus de beaux emballages, de beaux coffrets que vous avez plaisir à exposer, vous achetez de l'information.
Concernant plus spécifiquement les jeux vidéos, les constructeurs souhaitent notamment que les PC et les consoles ne soient plus des calculateurs.
Ils veulent que le rendu se fasse sur leurs serveurs.
Autrement dit, pour ces gens-là, l'avenir de l'informatique, c'est le minitel : un clavier, un écran et un réseau.
Plus de course à la puissance, plus de personnalisation.
Retour au bon vieux temps : la caverne et les signaux de fumée aussi, pourquoi pas.
Après le cloud, une nouvelle mode est en train de voir le jour : le big data.
Globalement, ça consiste à créer la plus grosse base de données, le plus gros fichier unique.
Il doit exister des challenges chez les pseudo-geeks qui s'ennuient.
On passe notre temps à tout éclater en plusieurs fichiers : configuration, bases de données en cluster, bibliothèques logicielles, pour plus de clarté, de rigueur, et d'interopérabilité.
Et là, subitement, la mode c'est le big data.
On incite à a création de bases de données de moins en moins organisées.
On incite au gaspillage de ressources.
Exactement de la même façon que les framework ou les langages de programmation managés.
Il existe des langages de programmation qui ne reposent sur rien (ou presque) : C, C++.
Et puis il y a les langages dit managés : Java, C#.
Ces derniers sont des surcouches des premiers, schématiquement.
On écrit dans un langage, qu'une machine virtuelle va traduire en langage de plus bas niveau.
On gagne peut-être en syntaxe, mais on perd un temps fou en exécution.
Les framework quant à eux nous imposent une façon particulière de concevoir notre application.
Ils peuvent également être vus comme une surcouche, puisque leur objectif est de simplifier le développement.
En gros, ils transforment l'appel à une méthode qui requiert quatre arguments en une méthode qui n'en requiert que deux, et dont le nom est raccourci, parfois à la limite du ridicule.
Tout ça pour économiser quelques secondes de développement au détriment de l'utilisateur final.
Le rapport entre langages managés, framework et big data ?
La perte de la rigueur.
Tout ça nous fait perdre notre rigueur.
Déjà que la rigueur aujourd'hui consiste à "faire marcher", même si le code est moche et que le mec qui va nous succéder risque le suicide en y plongeant à corps perdu.
Si en plus l'application est écrite en Java et utilise un (ou des !) framework pour analyser des térabits de données, on court à la catastrophe.
Alors qu'il suffit d'être rigoureux, faire du code propre, ne pas se presser.
Réfléchir au lieu de glander sur YouTube et facebook.
En gros, tout est de la faute des pseudo-geeks, ces mecs qui savent coder mais branlent les mouches, qui savent gérer un réseau entier mais ont le bordel dans leur câblage parce qu'ils s'en foutent, qui ont un pouvoir entre les mains qu'ils ignorent mais qui sont aveuglés par l'argent.
Ouvrez les yeux : vous détruisez l'informatique.
Cessez d'exécuter les ordres de gens qui n'y connaissent rien, et qui font des tentatives qui ne visent pas à l'amélioration du monde mais le remplissage de leurs poches.
Pas des vôtres.
Et arrêtez de faire honte aux geeks.
On passe tous pour des glandus à cause de vous.

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date: '2012-03-21 05:58:00'
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Il est de notoriété publique que les vilains pirates tuent la culture.
Soit.
Par culture, il faut parfois comprendre le plus incompréhensible.
Je n'ai jamais été un grand fan de théâtre, notamment parce que le théâtre est généralement surjoué.
Ça manque de naturel, et les aficionados du théâtre vont me soutenir le contraire mais c'est un fait indéniable et seule la mauvaise foi peut faire prétendre le contraire.
Les intonations et les gestes sont surjoués, point.
Bref.
Nous habitons pas loin d'un château depuis un peu plus d'un an, château qui fait aussi office de centre culturel.
Nous avions donc décidé de nous prendre un abonnement pour aller voir quelques représentations dont les descriptions semblaient intéressantes.
Et en effet, notre premier spectacle, des jeux de peinture et de projections vidéos sur écran, était très sympathique, sans pour autant casser des briques.
Mais la deuxième représentation à laquelle nous avons assisté fut catastrophique.
L'histoire était prévisible, les acteurs franchement mauvais, l'ambiance était glauque (deux soeurs qui s'adonnent au cannibalisme, enfin c'est ce qu'on essaye de nous faire croire jusqu'à la fin, autour de cinq congélateurs supposés remplis de viande humaine...), les dialogues chiants à mourir, etc.
C'était il y a maintenant quelques mois.
L'abonnement de ma femme comprend une représentation consacré à Gainsbourg à laquelle elle a assisté hier soir.
Bien que trouvant son histoire et ses compositions intéressantes, j'ai préféré ne pas y assister.
J'ai bien fait...
En lieu et place d'une sorte de biographie interprétée comme on aurait pu s'y attendre, ma femme a eu droit à deux heures de slam, de temps en temps entrecoupées par une batterie qui, apparemment, était ce qu'il y avait de mieux dans le "spectacle".
Autant les textes de Gainsbourg s'écoutent en chanson, autant en slam ça a dû vite devenir chiant.
D'ailleurs, la plupart des membres du public ont levé les yeux au ciel au bout de quelques minutes seulement, et en sortirent en soupirant, visiblement soulagés d'en avoir terminé.
Ma femme espérait en apprendre plus sur l'artiste, malheureusement elle fut bien déçue.
À tel point qu'un suicide collectif en sortie du centre culturel n'aurait pas été étonnant.
Il faut savoir qu'une place de théâtre coûte plus cher qu'une place de cinéma.
En l'occurrence, une place dans notre cinéma coûte un peu moins de 6 euros en tarif réduit, tandis que nos places pour le centre culture nous ont coûté une quinzaine d'euros.
Une quinzaine d'euros qui servent notamment à payer des gens pour faire du slam, sur des paroles qu'ils n'ont même pas écrites.
Je trouve ça proprement scandaleux.
J'ai une belle collection de Blu-ray, et à part les coffrets, aucun ne m'a coûté plus de dix euros, et je peux les voir et revoir virtuellement à l'infini.
Alors si la culture se casse la gueule, à mon avis, il faut regarder du côté de ces gens-là, ou de Justin Bieber, ou des "artistes" du même genre.
Ils sont davantage responsables du désintérêt manifeste du public pour la "culture" que le partage de fichiers.
Relevez le niveau si vous voulez vendre vos merdes, sérieusement.